Histoire des Scop

Histoire des Scop de Midi-Pyrénéés


En 1866
, il existe une association ouvrière de tailleurs d’habits à Toulouse; la même année, le professeur de droit Rozy publie à Toulouse son Etude sur les sociétés coopératives et leur constitution légale (source : F. Espagne).

En 1900,
à l’occasion du recensement des sociétés adhérentes lors du 1er congrès de la Chambre Consultative des AOP, aucune n’exerce en Midi Pyrénées. En 1895, création de la VOA à Albi qui adhèrera dans les années 1920.

Voici les premières « véritables » Scop midi-pyrénéennes, nées à Toulouse :

1906 : création de l’Imprimerie Ouvrière, qui sera en activité jusqu’à la fin des années 1960.
1909 : création des Charpentiers Toulousains, qui va connaitre, sous la Municipalité d’Etienne Billères (élu Maire de Toulouse en 1925) un beau développement et comptera plusieurs centaines de salariés. Réalisation, entre autres, de la Bibliothèque de Toulouse, des édifices du Parc Toulousain (autour du Stadium), de la Bourse du Travail, etc….
Son dirigeant, Paul Barthe, compagnon charpentier du devoir, sera président de l’Union Régionale des Scop, créée en 1937 et exercera des responsabilités au niveau national. A partir de 1935, nouvelle raison sociale : Les Grands Travaux du Sud Ouest.

A partir de 1919, et jusqu’à 1939, création d’une vingtaine de Scop dans les départements de Midi-Pyrénées, notamment dans le bâtiment. Parmi elles, la COA, Coopérative Ouvrière d’Ameublement à Millau, Gers Construction, PCZT (devenue aujourd’hui PCZC), Le Cadre, Les Plâtriers Toulousains, L’Union des Peintres, à Toulouse, aujourd’hui doyenne en Midi Pyrénées. 7 d’entre elles dépasseront les 4 décennies d’existence.

1934 : naissance de l’Avenir du Bâtiment, qui sera florissante jusqu’en 1968. Son dirigeant, Aimé Liabastres, sera lui aussi président de l’Urscop de 1951 à 1968, Henri Ramond, PDG de la VOA, lui succèdera de 1969 à 1975. Après la liquidation, l’activité de menuiserie des BOIS OUVRES, Scop proche de l’Avenir du Bâtiment, est reprise par la CIMSO.

Dans les années 1970-1980, une génération d’entreprises disparaît en même temps qu’une renaissance est en marche. La SAPEX (aujourd’hui ALMA-SAPEX) dans les Hautes Pyrénées, SCOPELEC à Revel, Composer, le GERACT, ITER, AEREM, SOCOREM dans l’agglomération toulousaine, l’imprimerie Causses et Cévenne dans l’Aveyron, AMIDEV et les architectes du GCAU à Tarbes, UMODIS à Castres, la SERMAP dans l’Ariège, vont redonner un élan à l’entrepreneuriat coopératif en l’ouvrant à de nouveaux métiers. De 55 Scop en 1986, on passe à 64 en 1993.

A partir de 1995, comme au niveau national, et plus vite, les Scop midi-pyréneennes vont se multiplier. Une Union Régionale mieux structurée servira l’engagement de coopérateurs souvent jeunes. Les départements et les territoires sont mieux couverts par des délégués dont le nombre s’accroit, l’accompagnement financier du Mouvement se professionnalise.

Aujourd’hui elles sont 187 dont 30 qui ont été créées en 2013.
 

Merci à
François-Xavier SALVAGNIAC, GROUPE SCOPELEC
pour ces recherches et ce résumé de l'histoire des Scop en Midi-Pyrénées

Histoire des Scop en Midi-Pyrénéés vue par François ESPAGNE


francois-espagneFrançois Espagne
a été le Secrétaire général de la Confédération générale des Scop de 1981 à 1990.

Sur de nombreuses thématiques dans les champs de l’histoire, de la doctrine et du droit, ses textes représentent un apport précieux pour mieux comprendre les coopératives, leur genèse, leur fonctionnement, leurs principes et leur ancrage dans l’histoire et la société contemporaine.

Le texte ci-dessous raconte des histoires autour des Scop en Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon. Il a été écrit par François Espagne en novembre 2009. D’autres contributions de François Espagne sont consultables sur le site de la Fédération des Scop de la Communication.

 

 Consultez le texte "Quelques histoires autour des Scop en Midi-Pyrénées et en Languedoc-Roussillon" en cliquant ICI

Histoire du mouvement


Au cours des trois premiers quarts du 19ème siècle, les ouvriers cherchent à défendre leur droit au travail et leur autonomie. Des associations ouvrières sont créées de façon clandestine, la loi Le Chapelier de 1791 les interdisant.
Les apports de théoriciens et de praticiens utopistes, popularisant les idées de communauté et de démocratie, ont contribué à faire émerger le mouvement de la coopération de production. Parmi les plus célèbres : Saint-Simon, Charles Fourier, Jean-Baptiste Godin, Louis Blanc, Philippe Buchez, Jeanne Deroin, Joseph Proudhon, Robert Owen (Angleterre)…

 

1831
Premier " contrat d’association de travailleurs " établi par des menuisiers avec l’assistance d’un médecin philanthrope Philippe Buchez (Cf art : " Moyen d’améliorer la condition des salariés de villes " paru dans le Journal des sciences morales et politiques).

1834
Création de l’Association des Bijoutiers en Doré, qui avec le " contrat d’association de travailleurs " de Buchez sont les précurseurs de la coopérative de production.

1848
Suite à l’insurrection républicaine déclenchée en février, encouragement par le gouvernement provisoire des associations ouvrières. Puis quelques mois plus tard, persécutions policières contre les associations ouvrières.

1849
Première esquisse de Fédération des Associations Ouvrières (à l’appel de Jeanne Deroin).
Ses promoteurs, accusés d’avoir conspiré contre le gouvernement, seront envoyés en prison.

1851
Coup d’Etat du 2 décembre amenant le Second Empire. Les associations ouvrières sont rapidement réduites à néant et leurs militants sont poursuivis et lourdement condamnés.

1864
Abrogation de la loi instituant le délit de coalition.

1867
Loi sur les SA dont le titre III sur les sociétés à capital variable qui donnera un cadre aux coopératives.

1871
Commune de Paris.
Réouverture et exploitation par des coopératives ouvrières des ateliers abandonnés par leurs patrons. Mais avec l’écrasement de la Commune et la répression du gouvernement Thiers, les ouvriers sont fusillés ou déportés massivement.

1875
Troisième République.
Renaissance du Mouvement ouvrier avec une orientation politique et syndicale.

1879
Le Congrès Ouvrier est défavorable aux coopératives.

1881
Ouverture aux coopératives des marchés de la ville de Paris.

1884
Abandon de l’appartenance aux " associations ouvrières " à cause d’une loi interdisant aux associations d’avoir une activité commerciale.
Les coopératives qui se constituent sont presque toutes animées par des militants syndicalistes.
Une vingtaine de sociétés coopératives cherchent à se regrouper et à se faire reconnaître publiquement.
Naissance de la première Chambre consultative des associations ouvrières de production (ancêtre de la CG Scop). Cette dernière publie le journal Association ouvrière.

1885
Mise en place de l’Ecole de Nîmes (sous la houlette de Charles Gide) qui a constitué pendant des dizaines d’années le haut lieu de la pensée coopérative en France.

1888
Ouverture aux coopératives des marchés de l’Etat et des collectivités publiques.

1892-1895
Création par les Mouvements coopératifs de différents pays de l’Alliance Coopérative Internationale (ACI). Distinction des différentes branches de la coopération dont celle des producteurs et celle des consommateurs.

1893
Fondation de la Banque coopérative des sociétés ouvrières de production (qui remplace la Société du Crédit au Travail disparue en 1868).

1900
247 coopératives de production.

1910
La coopération de production prend son envol grâce à des regroupements d’ouvriers professionnels dans le bâtiment, le livre ou la transformation des métaux.
500 coopératives, 20 000 sociétaires, 8 000 auxiliaires.

1915
Publication du texte concernant les Scop dans le livre III du Code du Travail.

1919-1920
Eclosion de nombreuses coopératives, en particulier dans le bâtiment, grâce au soutien des marchés publics.

1930-1936
Poussée de création de Scop due à la crise économique et au Front populaire.

1937
Transformation de la Chambre consultative en Confédération générale des Scop.

1938
Création de la Caisse Centrale du crédit coopératif afin de financer le développement des coopératives de production et de consommation.

A la Libération
Après la guerre 39-45, renaissance du Mouvement coopératif de production, surtout dans le bâtiment (reconstruction).
Parallèlement, naissance du Mouvement des Communautés de travail (Boimondau, Rochebrune…).

1945
Création de la Fédération nationale des Scop du bâtiment et des travaux publics.

1946
Création de l'Union Sociale des Sociétés Coopératives de Consommation et de Production. But : créer, administrer et subventionner des oeuvres sociales en faveur des ouvriers et employés des sociétés adhérentes.

1947
Loi Ramadier qui régit toutes les formes de coopération.

Années 60
L’Entente Communautaire, fédération des communautés de travail (52 en 1954, 27 en 1957), se rallie à la CG Scop.

Après 1968
Montée des Scop grâce à « l’esprit de mai ».

1970
Fusion de la Banque coopérative des associations ouvrières de production avec le groupe Crédit coopératif.

1978
Loi portant statut des Sociétés coopératives ouvrières de production.

De 1978 à 1982
Essor du nombre de Scop et du nombre d’emplois.

1983
1300 coopératives adhèrent à la CG Scop, avec 41 000 salariés dont 24 000 (soit 60 %) sociétaires + environ 200 Scop non adhérentes (ou en cours).

1992
Loi modernisant le statut des coopératives.

1995
Création de la première coopérative d’activités Cap Services.

2001
Loi permettant la création de Scic (Société coopérative d’intérêt collectif).

2002
Caderonne, première Scic agréée.

En 2010, pour mieux refléter la diversité des Scop, présentes dans tous les secteurs d'activité, le Mouvement adopte l'appellation Société coopérative et participative (anciennement Coopérative ouvrière de production).

 

     
 

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