DOSSIER [Les Scop, défricheuses de talents]

Les Scop, défricheuses de talents121198795

Difficulté à trouver un premier emploi ou à gravir les échelons, manque de reconnaissance, précarité, les jeunes se heurtent à un bon nombre d'obstacles sur le marché du travail.

Les Société Coopératives et Participatives, conscientes du potentiel qu'ils représentent, ont depuis toujours encouragé l'accès de ceux-ci aux responsabilités. Elles ont su leur faire confiance, les accueillir, et les former, tout comme le mouvement coopératif qui leur permet de créer leur entreprise dans un cadre qui corresponde à leurs valeurs et leur vision de l’économie.

Aujourd’hui, grâce au concours régional « JEUNES, Créez votre ENTREPRISE en SCOP (ou SCIC) », soutenu par la CGSCOP, l’URSCOP souhaite mettre les jeunes créateurs d'entreprise sur le devant de la scène, car quand il s'agit de réussite, il n'y a pas d'âge ! Jusqu’au 30 novembre prochain, les coopérateurs d’Occitanie de moins de 35 ans peuvent compléter le dossier d’inscription  disponible ici.

Composer, Toitures Midi-Pyrénées (TMP), Net Sol Eco, Le Filament et Electricité Générale Ariégeoise (EGA) reviennent sur le parcours de coopérateurs qui se sont illustrés très vite dans leur domaine de compétences.

Composer, une aventure humaine

Fondé en Scop en 1980 par des passionnés d’arts graphiques et de technologies, Groupe Composer est constitué aujourd’hui de 3 sociétés : la maison mère Composer Scop SAS, Microsophia SARL dédiée aux collectivités locales, et la web agency castraise Kauriweb Scop SARL, totalisant une trentaine de salariés, dont 12 sont associés.



« Le sociétariat n’est pas automatique, il faut que la personne le souhaite, adhère aux valeurs coopératives et qu’elle fasse ses preuves. Car c’est un vrai engagement qui demande un investissement personnel et de savoir prendre des responsabilités. Pour y réfléchir ensemble, nous avons instauré un comité stratégique, rassemblant des sociétaires, des salariés et même éventuellement des personnes externes. On y traite différentes problématiques liées à la stratégie de la Scop, l’évolution de ses métiers, ses marchés, ses potentielles  évolutions en termes d’organisation, ses futures formes de collaboration etc. On pourrait dire également que c’est un « incubateur » à sociétaires qui permet de révéler les personnalités et les idées. Car notre souhait, porté par des associés moteurs, est que le véhicule Composer continue à rouler durant de nombreuses décennies  »
explique Arnaud Labarussias, Président du Groupe Composer.
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Spécialisée dans la communication multicanal, l’entreprise couvre 4 domaines d’activités :

  • Le conseil en communication aux TPE-PME
  • La production graphique print & digitale
  • Le packaging
  • Le numérique et le web


« Composer a traversé de nombreux chocs technologiques qui nous ont obligé à repenser sans cesse notre modèle. » Denis Bastien et Pierre Letouzey, les deux cofondateurs, férus d’équipements et de techniques, étaient des visionnaires et ont investi très tôt dans les outils du web, de la 3D… Ils ont très vite compris que l’entreprise devait s’adapter et devenir agile, bienavant que le mot soit à la mode.

« Notre large positionnement nous permet de nous adapter à tous types de structures et de les accompagner dans une analyse fine de leurs besoins. Nous sommes convaincus que l’on peut mener des opérations répondant à l’intelligence économique avec de justes investissements. Créer des synergies afin de satisfaire toutes les parties prenantes, et rester réactifs. »


Arnaud Labarussias a rejoint Composer en 2007, après avoir décroché son Master 2 en Gestion de l’Innovation à l’IAE Toulouse. Dès 2009, il est promu Directeur de Clientèle avant de devenir Directeur du Développement deux ans plus tard. En 2013, alors qu’il est nommé Directeur Commercial et Marketing, il reprend ses études et suit le cycle Business Management de Paris Dauphine, mis en place par la CGSCOP, où il complète sa formation en gestion, droit, RH… et devient Directeur Général un an plus tard.

« J’ai été nommé Président en juin 2016, après avoir acquis les compétences nécessaires pour ce poste. Pour que le passage de témoin s’effectue dans de bonnes conditions, c’est important de l’anticiper, et qu’en interne, la démarche paraisse naturelle et légitime. Car dans cette nouvelle étape de l’entreprise, tous les salariés sont mobilisés et jouent un rôle. »

Selon lui, la réussite à ce poste tient au triptyque : âme, envie et compétence. « En effet, je ne savais même pas ce qu’était une Scop avant d’intégrer Composer, et je pense que je n’aurai pas endossé ces responsabilités aussi vite dans une entreprise dite classique. Fait atypique, j’ai dû, lors de mes premières missions en tant que Président, gérer des départs en retraite, et donc recruter de nouvelles personnes qui auront envie de s’engager et d’inventer chaque jour le nouveau modèle coopératif que l’on souhaite construire ensemble. »

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Toitures Midi-Pyrénées : un bel exemple de transmission


À 30 ans, Laurent Lepage intègre Toitures Midi-Pyrénées. Un an plus tard, il en devient gérant. Retour sur un parcours atypique.
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Très tôt dans sa scolarité, Laurent Lepage l'a su : il souhaitait travailler de ses mains. Après la classe de seconde, il décide d’intégrer les Compagnons du Devoir comme couvreur. Après 2 ans en apprentissage, il part 8 ans sur le Tour de France avant de devenir Prévôt à Albi et de diriger un centre de formation d’apprentis. Trois ans plus tard, il poursuit son parcours professionnel en intégrant un grand groupe industriel à Paris.

Loin de s'en arrêter là, Laurent redescend dans le sud où il intègre tout d’abord les Olympiades des Métiers, compétition internationale visant à mettre les talents de moins de 23 ans en formation professionnelle sur le devant de la scène.

C'est à l'issue de cette expérience qu'il intègre Toitures Midi-Pyrénées. Un an plus tard, il en devient le gérant. Une ascension rapide sur laquelle il revient aujourd'hui, non sans enthousiasme :
« J’ai eu la chance d’intégrer une belle entreprise qui possède l’esprit Scop jusqu’au bout des ongles : travail d’équipe, solidarité, engagement, amour du travail bien fait. Ce sont des valeurs dans lesquelles nous nous reconnaissons tous. Alors quand l'opportunité de devenir gérant s'est présentée, je n’ai pas hésité : cette nouvelle dimension sur la "gestion d'équipe" me plait, bien que ce soit un challenge au quotidien. En fait, c'était pour moi une évidence, une sorte de condensé de tout ce que j'ai appris. Je me suis retrouvé comme un poisson dans l'eau. »

Laurent prend son rôle à cœur et, comme un juste retour des choses, accueille à son tour des Compagnons du Devoir. Des associés fondateurs aux apprentis, tous les âges sont représentés chez TMP. Cela permet aux associés de partager leur expérience tout en donnant aux jeunes l’opportunité d’apporter un regard nouveau. Le but est de favoriser l’ouverture aux autres, le respect et les échanges. Comme pour enrichir cette alchimie intergénérationnelle, des week-ends de cohésion sont organisés par l’entreprise. Cela permet aux associés de se rassembler, d’apprendre à se connaître et à mieux se comprendre.

« Jeunes ou moins jeunes, anciens ou nouveaux, hommes et femmes, le métier nous rassemble. Nous portons tous les mêmes couleurs, et comme dans toute équipe, chaque associé se doit d’être un garde-fou pour l’autre. Les résultats sont meilleurs lorsque nous avançons ensemble. La richesse de TMP, c'est avant tout ce que nous sommes et produisons chaque jour. Nous nous enrichissons de nos expériences respectives et de nos différences. »

Selon Laurent, un gérant doit être exemplaire avant tout : il doit être un moteur de reconnaissance, capable de faire évoluer chaque personne et éclore les talents.


Spécialisée dans les activités de charpente - couverture - zinguerie - enveloppe du bâtiment, Toitures Midi Pyrénées est née en août 1989 par la volonté de 5 personnes désireuses de se construire une structure pérenne. Ils se sont alors tournés vers le modèle Scop qui, en faisant d’eux des associés, leur permettait d’assumer les responsabilités et prendre les décisions tous ensemble.

Aujourd’hui, TMP emploie 19 salariés, tous associés, dont encore 3 des fondateurs, et accueille régulièrement des Compagnons du Devoir.
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Net Sol Eco, au service des autres

Net Sol Eco est une Scop de nettoyage industriel solidaire créée en 2007, avec pour fondement permettre aux femmes issues des quartiers populaires d’avoir un emploi, avec ou sans qualification.


« J’ai 40 ans. Je suis arrivée chez Net Sol Eco il y a 7 ans, sans aucune qualification. J’ai commencé par des petits contrats, et maintenant je suis à temps plein. L’équipe a su me faire confiance dès le début et je lui en suis vraiment reconnaissante. De femme de ménage, j’ai pu évoluer et apprendre à réaliser des fonctions plus administratives. Ça me donne une vision d’ensemble sur l’entreprise. C’est une chance qu’on m’a donnée et que j’aurais difficilement pu avoir ailleurs. Cette entreprise m’a accueillie à bras ouverts, c’est comme une seconde  famille. »  Sabrina, associée de Net Sol Eco Net Sol Eco accorde une importance toute particulière à l’accompagnement de chaque salarié, mais aussi aux opportunités d’évolution qu’elle leur offre.
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« Depuis le début nous veillons à repérer les personnes qui pourraient solidifier le noyau et nous aider à construire notre avenir. L’objectif est d’en faire de vrais piliers de la Scop. En même temps, il fallait penser à la relève notamment la gérance. Khadija, qui a 44 ans, a commencé sa collaboration avec nous il y a 10 ans comme amie de la SCOP (tout en travaillant par ailleurs), et est aujourd’hui formée à mes côtés pour qu’à mon départ, elle puisse prendre le relais. » Sylvie Torres, co-gérante.

Ainsi, les salariés évoluent s’ils le désirent vers d’autres fonctions de l’entreprise. Ceci élargit leur domaine d’action et leur champ de compétences. 

Au bout d’un an, chaque collaborateur doit devenir associé de Net Sol Eco. « Cependant, pour beaucoup de nos associés, le monde de l’entreprise implique encore une hiérarchie verticale, rendant l’idée-même d’une gestion collective difficile à concevoir. Le temps permet toutefois aux associés de comprendre les avantages du mouvement Scop : plus d’autonomie, plus de responsabilités. » Le fonctionnement de Net Sol Eco est basé sur l’autogestion : une fois par mois, les salariés se retrouvent pour discuter en toute transparence des projets de l’entreprise mais aussi des difficultés auxquelles ils peuvent être confrontés. Chacun peut faire entendre sa voix et participe ainsi activement aux prises de décision, favorisant l’implication de chacun. « Il n’y a pas besoin d’être dirigeant pour gérer une entreprise : on doit pouvoir être impliqué à chaque niveau. »

Chez Net Sol Eco, l’égalité des salaires est aussi de mise. Ainsi, les 15 personnes que compte la Scop aujourd’hui (8 équivalents temps plein) sont rémunérées au même taux horaire, quelle que soit leur fonction et leur qualification : une démarche solidaire montrant que tous les métiers importent et sont complémentaires les uns des autres.

Le métier de femme de ménage est en effet souvent déconsidéré, conduisant à un turnover important. Ainsi, le challenge est double : remettre les salariés au centre du cercle tout en valorisant leur métier ; auprès des autres mais aussi et surtout auprès d’eux-mêmes.

Pour Sylvie, ingénieure en informatique et fondatrice de Net Sol Eco, le Mouvement Coopératif était une évidence. « La Scop est une structure autonome et indépendante des subventions publiques au contraire des associations. Je me suis dit que si on pouvait créer une activité économique solidaire et coopérative qui débouche sur de l’emploi tout en rendant service aux femmes sans dépendre des subventions, ce serait génial ! »

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Le Filament : des solutions numériques pour tous

 

Diplômé de l’INSA de Toulouse en 2008, Benjamin Rivier intègre le marché du travail la même année en tant que salarié d’un grand groupe de l’aéronautique. Il y monte en compétences et en responsabilités jusqu’en 2013 où il supervise un service, pilotant alors plusieurs projets et manageant une équipe d’ingénieurs et techniciens. Après 6 années de bons et loyaux services, il quitte cette entreprise et profite d’un long voyage en Asie du Sud-Est pour réfléchir à un projet professionnel qui serait plus en adéquation avec ses motivations et convictions intimes. OAYTME0


« En intégrant un grand groupe, j’ai eu la chance d’acquérir une solide expérience dans mon domaine d’activité. Et c’était très intéressant de voir comment toutes les étapes sont processisées. J’y ai appris une méthodologie structurante mais qui parfois était entravante. J’avais envie d’ouvrir et d’enrichir mon horizon professionnel en me lançant dans une vraie aventure entrepreneuriale. ».

Benjamin Rivier décide ainsi de créer à 30 ans sa propre activité en 2015 sous forme d’EURL, Le Filament, dédiée dans un premier temps à la conception de sites web. Il rencontre à cette même période les équipes de Palanca et Symbiosphère qui vont notamment le conduire peu à peu à s’orienter vers le développement de systèmes informatiques et de solutions numériques, au service de l’utilisateur et non l’inverse. Le Filament propose aujourd’hui une démarche permettant de définir avec ses clients leur mode de fonctionnement dans l’objectif de co-construire une solution adaptée à leur activité. Pour cela, la Scop s’appuie sur des outils open source tels qu’Odoo (solution CRM/ERP), BlueMind (messagerie collaborative) ou encore OwnCloud (partage de documents) et contribue, à sa mesure, à ces communautés de développeurs.

Début 2016, il rencontre Juliana Poudou, également spécialiste des SI, et, ensemble, ils décident de s’associer sous forme Scop. « Je connaissais ce statut mais principalement dans les cas de reprise à la barre. Le fait d’avoir beaucoup échangé à cette même période avec d’autres coopérateurs nous a conforté dans notre choix. Car notre priorité est d’assurer avant tout la pérennité de la structure. De plus, les salariés devenant associés, cela favorise leur implication et leur investissement. Ce second aspect est essentiel afin que chacun soit impliqué, outre dans son activité professionnelle quotidienne, dans la gestion même de l’entreprise. Cela motive d’autant plus ! ».


Depuis juin dernier, Le Filament compte un 3ème protagoniste, Rémi Cazenave, grâce au Pass’Compétences, qui permet à de grands groupes de détacher des experts au service de plus petites structures, se dotant ainsi de compétences pointues pour un coût partagé. Pour l’équipe du Filament, l’objectif est de pérenniser ce 3ème poste et, à terme, qu’il devienne à son tour associé de la Scop. Si le développement suit les prévisions, deux emplois supplémentaires seraient créés d’ici fin 2018.
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« Si la gérance ne me paraît pas aussi difficile qu’imaginée, en partie liée au fait que nous soyons une petite équipe, il y a une priorité : l’humain, et pour nous cela passe aujourd’hui par bienstructurer l’interne, en trouvant les rôles de chacun et nos modes de communication. Il est aussi important que nous ayons un niveau de connaissances techniques élevé. ».

Le Filament accorde un intérêt tout particulier à l’intercoopération. Ainsi, elle développe des partenariats avec différentes Scop, renforçant toujours plus les valeurs de partage et de solidarité qui la caractérisent.


Certains projets de collaboration sont relatifs à l’activité elle-même. Par exemple, alors qu’un partenariat avec Palanca (spécialisée en accompagnement RSE dont la structuration de collectif), permet au Filament de mieux cibler les besoins de ses clients et ainsi de concevoir un système d’information adapté, une collaboration avec Scopea, coopérative qui partage le même métier, rend une mutualisation des compétences et l’élaboration de projets communs possible.

D’autres partenariats sont en cours de discussion, notamment avec des structures travaillant autour de l’insertion. Des projets qui restent à développer à l'horizon 2018.

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EGA, la satisfaction du client avant tout

EGA_3dirigeants_web « Jamais je n’aurais imaginé un jour pouvoir diriger une entreprise telle que EGA ! », confie David Estèves, actuel PDG de la Scop. « En effet, j’ai commencé en 1998 en tant qu’intérimaire avant d’être recruté par le fondateur Alain Chenebeau en 2000. Après quelques années en tant qu’ouvrier, je suis devenu chef d’équipe puis nommé chargé d’affaires en 2008. Pour y parvenir, j’ai suivi une formation en alternance de 2 ans en parallèle de conducteur de travaux. »

Photo : les 3 PDG successifs : Mr Chenebeau Alain, Mr Jean-François Oudart, Mr David Esteves

Fondée il y a 32 ans sous forme d’une S.A.R.L, Electricité Générale Ariégeoise emploie aujourd’hui 25 salariés, tous associés. Spécialisée dans les dispositifs Courants Forts, Courants Faibles,et Climatisation, l’équipe réalise tous les travaux d’installation, de réparation, d’entretien et de mise en conformité, chez les particuliers et les professionnels, que ce soient des structures privées ou publiques. ega


Anticipant son départ à la retraite en 2000, Alain Chenebeau ouvre une réflexion avec ses salariés dès 1995 qui débouchera sur le maintien des emplois et la qualité des relations sociales face aux options de rachat par des tiers. C’est ainsi que, 1 an plus tard, l’ensemble du personnel valide le rachat de l’entreprise par les salariés et adopte le statut SCOP. En 1999, Jean-François Oudart est embauché pour assurer la gestion et prendre la direction de l’entreprise, avant de céder la place à son tour à David Esteves en 2015, alors âgé de 37 ans.

« J’ai appris la gestion de l'entreprise aux côtés de Jean-François Oudart, qui m'a accompagné durant plus d'un an; aujourd’hui,  je découvre de nouveaux aspects  tous les jours, notamment en matière de social et politique. C’est un vaste monde avec de très nombreuses portes dont on n’a pas forcément conscience en étant salarié. »


Plusieurs journées de cohésion avec l’ensemble de l’équipe sont organisées chaque année afin de souder le groupe, « pour qu’il devienne une famille. C’est important que chacun mesure sa  part de responsabilité dans l’entreprise, que la Scop leur permette de participer aux prises de décision, de proposer des idées. En tant que coopérateurs, ils entrent au  capital et reçoivent une partie des bénéfices. Ils ont un rôle important à jouer afin de faire évoluer les choses dans le bon sens et que tout le monde vienne travailler dans la joie et la bonne humeur. »

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